Il y a quelques mois, un nouveau principe a Ă©tĂ© inventĂ© en France : si un hĂŽpital se fait rançonnĂ©, nous allons simplement garantir que la rançon a Ă©tĂ© bien payĂ©e et que les systĂšmes ont Ă©tĂ© rĂ©tablis par les cyber attaquants. Câest presque un appel au piratage. Car lâĂtat promet indirectement des garanties aux attaquants. Ils ont appelĂ© cela le « systĂšme dâassurance ». Comment rĂ©agit l’institution si particuliĂšre qu’est l’Union EuropĂ©enne face aux cyberattaques croissantes ?
Alexandre Robine
Expert cybersécurité
Ces agressions se font dâabord pour des raisons financiĂšres. En rĂ©alitĂ©, un attaquant cherche Ă dĂ©rober le particulier ou l’entreprise qui a le plus dâargent. Toutefois, il y a aussi le piratage d’activisme politique qui pourrait faire de lâUnion EuropĂ©enne une cible intĂ©ressante. Cela pourrait renvoyer Ă du crime organisĂ© afin de dĂ©stabiliser, Ă grande Ă©chelle, des Nations entiĂšres, et perturber le fonctionnement actuel de lâUE.

Ransomware

Malware
Phishing
Il y a une impunitĂ© trĂšs largement comprise pour les attaquants. On ne peut hĂ©las pas toujours tracer dâoĂč vient une attaque.
Beaucoup de cyberattaquants utilisent des fausses localisations telles que le site dâune boulangerie Ă Dublin pour dissimuler le vĂ©ritable endroit de lâattaque. La capacitĂ© de tracer demanderait une coopĂ©ration de tous les Ătats pour indiquer tous les endroits oĂč il y aurait eu des rebonds. Ce qui est impensable et surtout infaisable. Lors dâune attaque on ne peut gĂ©nĂ©ralement connaĂźtre que le dernier endroit duquel elle vient. Lâattaque est peut ĂȘtre passĂ©e dans dix machines diffĂ©rentes avant dâarriver Ă destination et nous ne savons pas oĂč.
Certains types de donnĂ©es peuvent ĂȘtre interessantes. Pour exemple en Europe, il y a toujours des grosses sociĂ©tĂ©s, qui vont construire du matĂ©riel militaire (sous-marins, satellites etc) ou qui possĂšdent des donnĂ©es attractives pour les attaquants. Cela ne sera pas directement liĂ© Ă lâUE mais plutĂŽt aux entreprises qui y sont implantĂ©es.
Les cyberattaques reprĂ©sentent 6000 milliards de dollars lâannĂ©e derniĂšre et lâUE est la troisiĂšme Ă©conomie mondiale derriĂšre les USA et la Chine. Un des plus gros risques des cyberattaques, câest demain : nous serons entourĂ©s dâobjets connectĂ©s un peu partout, plus quâaujourdâhui, ce qui augmentera les chances dâĂȘtre attaquĂ©s. Prenons lâexemple des pacemakers implantĂ©s dans le corps. Ils vont ĂȘtre de plus en plus connectĂ©s et attaquables. Ce qui peut provoquer un arrĂȘt cardiaque et la mort de quelqu’un.
Il va y avoir quand mĂȘme certaines attaques reconnaissables que l’on va assimiler Ă un des groupes de hackers connus. On appelle aussi les APT (menaces persistantes avancĂ©es) des groupes quâon va assimiler Ă des Etats qui sont la plupart du temps la Chine, La Russie ou la CorĂ©e du Nord. On peut avoir des prĂ©jugĂ©s sans avoir de garantie.
Dans un cadre gĂ©nĂ©ral, nous n’allons pas avoir de solutions logiciels gĂ©nĂ©rales pour tous les pays, si ce nâest potentiellement des assessment frameworks.
Il y aura dĂ©jĂ une Ă©volution des attaques et des attaquants. C’est un constat dĂ©jĂ fait avec les attaques de la Russie vers lâUkraine. Emmanuel Macron est dĂ©jĂ en train dâessayer de nĂ©gocier avec la Russie car il se rend bien compte que le conflit actuel risque de sâĂ©tendre jusquâĂ chez nous. Et que ce sont NOS systĂšmes informatiques qui seront ciblĂ©s.
De ce fait, lâUE tente de crĂ©er une porte de sortie avec un accompagnement plus global vers la sĂ©curitĂ© des diffĂ©rentes institutions.
Aujourdâhui, il nây aurait pas grand chose Ă revoir dans la cyberdĂ©fense car je pense que lâUnion EuropĂ©enne est dans le cadre juridique. MalgrĂ© les contraventions et les lois imposĂ©es Ă une sociĂ©tĂ©, il reste toujours un problĂšme de considĂ©ration technique. Les instances europĂ©ennes vont se concentrer essentiellement sur lâĂ©tablissement de scĂ©nario. Celles-ci prĂ©fĂšrent se baser sur le fait que quoi quâil arrive un incident arrivera et donc quâil faut prĂ©venir Ă grande Ă©chelle.
S’il fallait modifier quelque chose, ce serait l’accompagnement plus sĂ©rieux des entreprises sur des notions plus pointues de la cybersĂ©curitĂ©.
La majorité des personnes ne sont pas au fait des pratiques.
Câest une affaire de rigueur et de compĂ©tences. Il faut rester sur la sĂ©curitĂ© au sens large. MĂȘme pour ceux qui souhaitent faire de la cyberdĂ©fense.
Alexandre Robine
Expert cybersécurité
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